Destination l'Espace
A bord de Spaceship Two
L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE AU SERVICE DU FUTUR VOL INTERCONTINENTAL
Lorsque vous embarquerez à bord de SpaceShip 2, vous prendrez place pour un vol de 8 personnes dont deux pilotes à destination de l’Espace.
Ce vol vous procurera les mêmes sensations qu’un vol en orbite autour de la Terre et pourtant jamais votre appareil n’entrera en orbite. C’est d’ailleurs à cette condition que le tourisme spatial pourra se démocratiser.
Le vol suborbital présente en effet l'avantage de recréer les conditions du vol en orbite à un coût technologique et financier moindre. En vol suborbital, on franchit la frontière spatiale et on vole en impesanteur pendant quelques minutes sans pour autant quitter complètement le champ d’attraction terrestre. Comment ? Le vol suborbital, aussi surnommé « saut de puce », suit une trajectoire parabolique.
L’avion fusée, après largage par son avion porteur, est propulsé jusqu'à Mach 3,4 (environ 4000 km/h) vers le ciel au-delà des 100 kms d’altitude qui marquent officiellement la frontière de l'espace.Bien avant d'atteindre cette altitude, les moteurs de l’avion fusée sont coupés (vers 70 kms), l’appareil poursuit cependant son ascension en silence, jusqu’au point culminant de sa trajectoire à près de 110 km d’altitude avant de redescendre uniquement par effet gravitationnel.


Propulsion coupée, l'appareil ralentit sensiblement, et termine sa course par une lente courbe avant d'amorcer son retour. C'est cette courbe d'environ 4 à 5 minutes, qui place les passagers en état d'apesanteur, l’accélération résiduelle compensant la gravité. Les sensations (et les manifestations physiques) sont les mêmes que si le champ de gravité était nul (à 100 km d’altitude la gravité n’est pourtant que 3% moindre qu’à la surface de la Terre).
Mais au fait, savez-vous comment un tel appareil se gouverne quand il se trouve en dehors de l'atmosphère? En effet, comme tous les avions terrestres, SS2 se pilote avec un manche et des câbles qui agissent sur des gouvernes, qui elles mêmes, sous la résistance de l'air modifie la position de l'appareil en vol. Mais dans l'espace, il n'y a plus d'air, donc les gouvernes restent sans effet. Et bien l'ingénieux Burt Rutan a mis au point un système de propulseurs à air comprimé qui permet de remplacer l'action des gouvernes sans changer de commandes de vol pour le pilote.
Puis, c'est la rentrée rapide dans l’atmosphère et la descente en vol plané vers la piste d’atterrissage. C'est la partie la plus délicate du vol. Là encore, les problèmes jusqu'ici complexes de l'échauffement du véhicule, lors de sa rentrée dans les couches denses de l'atmosphère, ont été solutionnés d'une manière simplissime: puisque l'engin spatial se déplace trop vite et s'échauffe trop fort, Burt Rutan choisit la solution de l'arrêt complet de l'appareil à son apogée, avnt de le faire chuter, ailes repliées, pour présenter le moins de surfaces possibles à l'échauffement direct. Les huit passagers et pilotes connaissent alors une phase d'accélération tout à fait significative les amenant à prendre plus de 5g plusieurs secondes; les tests permettront d'être plus précis sur ce sujet. Vient ensuite le temps du redéploiement des ailes et du vol plané final vers la piste du Spaceport america.
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L’intérêt du vol suborbital n’est pas uniquement ludique.

Déjà Virgin Galactic projette le transport long courrier de passagers à vitesse hypersonique. Avec sa future flotte d’avions spatiaux, Virgin Galactic ambitionne, par exemple, de rallier Paris à Sydney en quelques heures, d'ici à 2030. Comment? Simplement en utilisant la vitesse de rotation de la Terre comme un moyen naturel de transport! Le principe est le suivant: L'appareil franchit la barrière de l'espace, soit 100 kms, mais poursuit sa trajectoire ascendante jusqu'à 150kms, prévoyant un vol plané de l'autre côté de la Terre. Celle ci tournant à 1850 km/h environ, il faudra patienter en impesanteur, avant de prendre le chemin du sol.
Les jets classiques limiteront enfin leurs vols dans la zone des 10 kilomètres d'altitude, là où la traînée de l'air est encore forte, forçant les moteurs à la combattre tout le vol, en polluant la haute atmosphère à raison de 3 à 4 litres au 100 kilomètres...par passager.
Il faut certes avouer qu'entre le principe et la réalité technologique, il y a une marge colossale mais avec le projet Virgin Galactic, on peut se prendre à rêver pour de vrai!.

