Imaginez.
Nous sommes en 2011, quelque part au Nouveau Mexique,
vous avez pris place, en compagnie de cinq autres voyageurs et deux pilotes chevronnés, à
bord de votre avion fusée SpaceshipTwo, premier véhicule spatial commercial.
Confortablement installé dans votre siège vous contemplez l’astroport America à travers
l’un des hublots panoramiques.
Compte à rebours, plus que 10 secondes avant le décollage. 4,
3, 2, 1, arrimé à un avion porteur, votre véhicule spatial s’élance sur la piste, prend de
la vitesse, vous décollez enfin.
Vous prenez de l’altitude, 5, 10, 16 000 mètres,
l’astroport n’est plus qu’un point minuscule au loin, il est temps pour SpaceshipTwo de
voler de ses propres ailes, l’avion fusée se détache de son avion porteur, son réacteur
est mis à feu, vous propulsant en 90 secondes hors de l’atmosphère terrestre à une vitesse
de 3 500 km/h (trois fois la vitesse du son). La force de l’accélération vous cloue à
votre siège, une sensation intense à laquelle vous êtes préparé. Passé le choc, vous
pouvez pleinement vous concentrer sur ce qui se passe derrière les hublots.
Les moteurs
ont été coupés. Le silence s’installe. Un silence comme il n’en existe nulle part
ailleurs. Le silence du vide spatial.
Vous pouvez détacher votre ceinture, quitter votre
siège et … flotter librement dans la cabine. L’impesanteur. Vous avez en mémoire ces
images d’astronautes jouant à poursuivre en l’air de curieuses bulles de matière flottant
autour d’eux. A votre tour de l’expérimenter. Vous vous laissez glisser jusqu’au hublot le
plus proche.
Dehors, c’est un spectacle comme vous n’en avez jamais contemplé, vous
comprenez maintenant pourquoi la Terre est surnommée la planète bleue. Elle est là sous
vos yeux, comme vous ne l’aviez jamais vue, comme seuls avant vous les pionniers de
l’espace l’ont vue. Votre véhicule spatial a maintenant atteint le point culminant de sa
trajectoire à plus de 100 km d’altitude.
Le pilote vous invite à regagner votre siège.
Vous sentez la gravité reprendre progressivement ses droits. Vous êtes toujours dans
l’espace mais bientôt le pilote repositionne les ailes de l’appareil pour une réentrée en
douceur dans l’atmosphère. Vous êtes de retour dans l’atmosphère, vous redescendez
lentement en plané vers la terre ferme. A travers les hublots, le noir bleuté a fait
place au blanc sur bleu ciel des nuages. Des champs de nuages à perte de vue. Bientôt
l’astroport. Atterrissage sans heurt. Vous reprenez pied, à terre, la tête encore pleine
des images, des sensations sans pareilles de ce vol inoubliable. Vous appartenez désormais
à la famille des voyageurs de l’espace.
C’est officiel, dans votre valise votre certificat
en atteste, vous avez gagné vos ailes d’astronaute.
Votre nom est inscrit dans la légende
de l’espace aux côtés des Neil Armstrong, Yuri Gagarine…